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J'aime ma boîte ? Ce qu'on aime, c'est ce qu'on y vit — et d'abord son manager"

Aujourd’hui, c’est la fête des entreprises : « J’aime ma boîte », le troisième jeudi d’octobre. Sophie de Menthon l’a lancée en 2003, au retour des États-Unis, où le Boss Day célèbre les patrons ; elle l’a ouverte à toute l’entreprise, salariés compris. Elle part d’un constat : la plupart des salariés disent aimer leur travail et leurs collègues, quand le débat public ne parle que de conflit. Une journée pour que cette majorité-là prenne la parole.

Le thème de 2026 : « L’entreprise, notre boussole à tous ! » — un repère stable dans un monde qui ne l’est pas. Il y a même un hymne, et son clip : rollers dorés dans les couloirs, refrain à reprendre en chœur.

L’entreprise mérite qu’on la fête. C’est l’un des rares endroits où des gens qui ne se sont pas choisis construisent ensemble ce qu’aucun n’aurait fait seul. On y apprend un métier. On y devient quelqu’un.

Encore faut-il que le quotidien suive. Et au quotidien, l’entreprise a un visage.

On n’aime pas une abstraction

Une entreprise, vue du lundi matin, ce n’est pas un logo ni un projet stratégique. C’est une personne qui fixe tes priorités. Qui te dit — ou ne te dit pas — ce qu’elle a vu de ton travail. Qui répare — ou ne répare pas — ce qui te fait perdre une heure par jour.

Cette personne, c’est ton manager. Pour la plupart des salariés, c’est lui, le visage de l’entreprise. Quand on dit « j’aime ma boîte », on parle souvent de lui. Et quand on la quitte, aussi.

Une boussole à deux aiguilles

Pour un manager, la boussole a deux aiguilles, et il faut les deux :

  • des résultats — l’équipe livre ce qu’on attend d’elle ;
  • des gens qui restent — et qui ne restent pas par défaut.

Un manager qui livre en épuisant son équipe la voit partir. Un manager adoré qui ne livre rien voit la sienne stagner — et les meilleurs s’en vont aussi. Une aiguille sans l’autre, et l’équipe perd le nord. C’est tout le métier de manager : jamais l’un sans l’autre.

Ce qu’un manager peut faire dès cette semaine

Pas besoin d’un séminaire pour que ta boîte soit aimable. Trois gestes, dans cet ordre :

  1. Un 1-à-1 par semaine, trente minutes, où c’est ton collaborateur qui parle en premier. Le 1-à-1 dit comment.
  2. Un feedback sur un fait, pas sur une attitude : ce qu’une caméra aurait pu filmer.
  3. Une réparation : la double saisie, la validation inutile, l’outil qui plante. On ne remotive pas les gens ; on répare leur travail.

Aucun des trois ne coûte un budget. Tous les trois se voient du lundi au vendredi. C’est là que se décide, bien avant la fête des entreprises, si l’on aime sa boîte.

Et toi ?

Dans ta boîte, qu'est-ce que tu aimes vraiment — et qui y est pour quelque chose ?

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